Fortius mais encore ?

Voilà 20 ans déjà que la ville reprenait possession du site de Château Neuf au Petit Bayonne. Quel bilan en 20 ans ? La réfection des toitures de la forteresse suite à l’inondation d’une partie de la bibliothèque du Musée basque ; l’installation ou plutôt le déménagement du site universitaire de Marracq au centre ville ; l’installation de la délégation des affaires touchant le territoire basque du Conseil Départemental (assez réussi j’en conviens) ; la création en site propre et en régie municipale du parking Sainte Claire.

Mais à y regarder de plus prêt il convient  de lever quelques lièvres. Je veux entre autres parler bien sûr du  fait qu’au bout de 20 ans , 20 ans ! il n’est toujours pas possible de faire le tour par le haut du rempart Est, que la douve de la Porte Mousserolles est toujours aussi infecte (seulement quelques centaines de bayonnais et nos visiteurs peuvent le constater chaque jour au niveau du pont-levis !) que la porte Anglaise, un des vénérables vestige en belle condition, est toujours noyée sous les ronces et ne débouche ni sur la cour du château ni comme on pourrait l’imaginer (via une passerelle très courte) sur le parking Mousserolles !

Je ne parlerai pas non plus en grand développement de la non-restitution de la façade sculptée de la tour X.

Je ne parlerai pas des conditions d’accueil déplorables de la Salle de la  Poudrière de la Nive – où l’on vit, au bout de huit jours d’une exposition consacrée à Guevara, et à cause d’une humidité incontrôlée, les cimaises gondolées, tout comme les photos de R.Burri – faute d’un drainage promis là comme sur l’esplanade Roland Barthes. Roland Barthes est mort, on vient de l’apprendre à l’Hôtel de ville, la transmission a pris 35 ans ! Un record, encore un. Ou peut-être est-ce plutôt l’approche imminente du colloque d’octobre ?

Un article particulier vous comptera bientôt l’aménagement-destruction (l’argent n’est rien !) des salles d’expositions temporaires de Château Neuf pour le Musée Basque où vous avez peut-être vu une très belle  exposition consacrée à Lartigue et le Pays basque…

LA BELLE « ATALANTE » (abattoir suite)

01L’abattoir encore et toujours. Depuis trop longtemps déjà le petit (et remarquable cinéma de Saint Esprit) attend son agrandissement ; le hic c’est que sur le site historique comme chacun sait, aucune possibilité de développement .

Le bâtiment est cerné par la voirie, et plus encore, les lieux sont une propriété privée ! Il faut trouver une solution. Après bien des vicissitudes qu’il serait fastidieux de compter ici, notre géniale et imaginative municipalité jamais avare de dépenser l’argent qui n’est pas le sien se décide enfin à étudier la faisabilité d’un « transport » sur le site de l’abattoir. Cela permet deux choses essentielles  : un, valoriser un bâtiment ancien tout à fait atypique et patrimonial ; deux,  y aménager trois salles sur un côté de notre vénérable bâtiment. On pourrait y ajouter en trois, amener un élément dynamisant sur ce bout de quartier qui trouverait là une rare et  magnifique opportunité culturelle et urbanistique.

Précisons à cela  qu’à l’époque, le « cabaret » de la LUNA NEGRA cherche à se conforter dans un probable déménagement, qu’on pense à la vénérable salle de l’Atalante ! Deux pôles d’activité culturels pour le prix d’un déménagement !

On fait des plans, des calculs. Le projet de nouveau cinéma a fière allure avec un magnifique déambulatoire dans la nef, des locaux d’administration, trois salles discrètement insérées, un parvis et un boulevard Jean Jaurès plein d’un nouvel horizon.

La chose est trop belle et ne se fera pas ; le bâtiment est démoli faute d’une recherche d’alternative ; un beau projet riche de promesses est mis à terre et l’argent des études perdues. Comme chacun sait 12 ans après nous y sommes encore, l’abattoir est perdu, l’Atalante toujours en attente, et le petit bout de Saint Esprit tout le monde s’en fout !

Ma galupe prend l’eau

amarree-au-port-de-guiche-a-chaque-maree-montante-ou-crue_1075038_460x306Bayonne c’est bien des dimensions et parmi celles-ci  il y a, incontournable, la dimension maritime. En  référence à cet héritage et partant d’une très belle idée, on se met en tête au détour des années 1995 – 2000 de reconstruire le fameux bateau de commerce fluvial qu’est la célèbre « galupe » qui transporte en moyenne sur son fond plat, jusqu’au détour des années cinquante, une trentaine de tonnes de marchandises diverses dont les bois, les vins et les charbons sur les fleuves  (Adour jusqu’à Dax et bien au delà) et sur les rivières  (Nive & Nivelle entre autres).

L’aventure commence bien et le projet est réellement beau. La chose est confiée à la sauvegarde de l’enfance dans le cadre d’un projet de jeunes en réinsertion. Il va de soit que chacun y met du sien en richesse humaine d’abord mais aussi en monnaies sonnantes et trébuchantes .

Cet article est lié à l’article précèdent par le fait que le remarquable abattoir sera le réceptacle de cette belle réalisation au vu de ses capacités d’accueil pour un tel projet ( hors d’eau, hauteur de plafond, entrée &sortie à chaque extrémité)

Au bout de nombreux mois de travail, l’aventure se mue progressivement en une belle réalisation ; le bel esquif est enfin mis à l’eau et servira de nombreux mois de bel  apanage sur les quais de la Nive et de l’Hôtel de ville pas peu fièr.

Enfin comme toujours à Bayonne on se lasse et manquant d’invention on ne sait que faire du bel objet, on le remise au port aval de Lahonce où sans emploi le fier bâteau finit par se laisser choir dans les eaux silencieuses de ces beaux lieux !

Avec courage l’Association « Les Escoumeyres » relèvera, dépité, le défi de sortir cet émouvant témoignage de notre valeureux  patrimoine maritime de sa gangue d’eau et de boue. Mais que faire quand le bateau s’avère mal conçu et les bois mal choisis pour le bel ouvrage .

Las, il gît sur les abords en contre-bas  du château de Guiche auxquels il offre un bel et triste ornement. Argent perdu, témoignage éteint d’un beau rêve mal fait et mal pensé dès sa réalisation comme ses aboutissements ; triste affaire quand on pense à l’indigence des moyens humains et financier mis à la disposition pour faire durer et vivre cette mémoire maritime local ; encore une occasion manquée.

Abattoir, la dite « salle des fêtes »

Abattoir, la dite « salle des fêtes » : l’histoire de l’abandon de ce lieu est symptomatique de cette rubrique. Quelques éléments pour comprendre .
Sous le Second Empire (1852-1870), la municipalité de Jules Labat décide de construire un abattoir à Saint Esprit.
Celui-ci sera fermé en 1952 au moment de la création de celui d’Anglet . Il sera alors dévolu à la construction des chars du corso des fêtes de Bayonne pour une raison très simple : le bâtiment dispose d’une haute nef centrale éclairée par le toit et d’une entrée-sortie à chaque extrémité.
Le lieu est désaffecté au tournant des années 2000, on ne sait plus quoi en faire.
Surgit alors une idée intéressante : y transférer les trois salles du cinéma l »Atalante ». Le feuilleton dure quelques années, la ville va même financer études de faisabilité et élaboration de plans d’aménagement pour recevoir ce superbe équipement ; Et puis patatras la chose ne se fait pas.
Que faire de ce superbe bâtiment avec une nef centrale ajourée et longée des deux côtés, avec des arceaux au 1er niveau, dans un quartier ne disposant d’aucune salle publique pour organiser des expositions, de petites pièces de théâtre, des répétitions (présence d’alcôves) ou tout simplement un petit loto (comme me l’avait si bien dit une habitante du HLM voisin à l’époque  !) ?
La réflexion fera long feu, aucun appel à projet pour les jeunes ou les habitants … Et un matin la décision tombe, on démolit tout faute d’imagination et pour y faire quoi ? 16 appartements, qui s’en plaindrait certes mais là disparait une possibilité appuyée sur un bâtiment d’intérêt patrimonial en bel état de structure.
Une dernière blague pour la fin , il est bon de savoir que ce lieu a servi notamment à réaliser les premières formations-sensibilisations aux techniques de patrimoine, belle ironie non, ne parlons bien sûr pas des 300 000 francs d’études mis à la poubelle par la même pitoyable occasion !
Voir aussi « ma galupe prends l’eau » ->