Ma galupe prend l’eau

amarree-au-port-de-guiche-a-chaque-maree-montante-ou-crue_1075038_460x306Bayonne c’est bien des dimensions et parmi celles-ci  il y a, incontournable, la dimension maritime. En  référence à cet héritage et partant d’une très belle idée, on se met en tête au détour des années 1995 – 2000 de reconstruire le fameux bateau de commerce fluvial qu’est la célèbre « galupe » qui transporte en moyenne sur son fond plat, jusqu’au détour des années cinquante, une trentaine de tonnes de marchandises diverses dont les bois, les vins et les charbons sur les fleuves  (Adour jusqu’à Dax et bien au delà) et sur les rivières  (Nive & Nivelle entre autres).

L’aventure commence bien et le projet est réellement beau. La chose est confiée à la sauvegarde de l’enfance dans le cadre d’un projet de jeunes en réinsertion. Il va de soit que chacun y met du sien en richesse humaine d’abord mais aussi en monnaies sonnantes et trébuchantes .

Cet article est lié à l’article précèdent par le fait que le remarquable abattoir sera le réceptacle de cette belle réalisation au vu de ses capacités d’accueil pour un tel projet ( hors d’eau, hauteur de plafond, entrée &sortie à chaque extrémité)

Au bout de nombreux mois de travail, l’aventure se mue progressivement en une belle réalisation ; le bel esquif est enfin mis à l’eau et servira de nombreux mois de bel  apanage sur les quais de la Nive et de l’Hôtel de ville pas peu fièr.

Enfin comme toujours à Bayonne on se lasse et manquant d’invention on ne sait que faire du bel objet, on le remise au port aval de Lahonce où sans emploi le fier bâteau finit par se laisser choir dans les eaux silencieuses de ces beaux lieux !

Avec courage l’Association « Les Escoumeyres » relèvera, dépité, le défi de sortir cet émouvant témoignage de notre valeureux  patrimoine maritime de sa gangue d’eau et de boue. Mais que faire quand le bateau s’avère mal conçu et les bois mal choisis pour le bel ouvrage .

Las, il gît sur les abords en contre-bas  du château de Guiche auxquels il offre un bel et triste ornement. Argent perdu, témoignage éteint d’un beau rêve mal fait et mal pensé dès sa réalisation comme ses aboutissements ; triste affaire quand on pense à l’indigence des moyens humains et financier mis à la disposition pour faire durer et vivre cette mémoire maritime local ; encore une occasion manquée.

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